FIN DU GAME OF THRONES – S07E01

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L’épisode était un peu turbo chiant alors j’ai fait de mon mieux mais ce récap sera minuscule. Faites avec.
Il est possible que je le retravaille si je trouve un peu d’inspiration cette semaine mais il y a beaucoup trop de scènes de dialogues sur lesquelles c’est pas facile de travailler. Sauf si on veut que les personnages parlent tous de saucisses parce que j’aime bien faire ça.

À la semaine prochaine !

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J’ai résumé Spiderman en haïkus

J’ai laissé Internet écrire mon prochain article

Internet [Internet]
Nom Internet
“Internet”


InternetC’est une froide nuit de février que tout à commencé, j’étais en train de me frapper la tête contre mon clavier à la recherche d’un nouveau sujet digne d’être étudié sur ce blog, mais rien ne venait. Les idées qui me traversaient l’esprit étaient beaucoup trop simples, pas assez absurdes. Devant tant de pression et la peur de vous décevoir, j’ai finalement cédé et commis l’irréparable.

Trois mots devant le miroir de ma salle de bains, trois fois le même, un même mot qui avait une signification bien particulière et que vous connaissez tous.
Ce mot, c’était Internet.
Les mots étaient prononcés, Internet était invoqué.

Il était là, au milieu de mon salon, en train de fumer sa cigarette électronique. Assis non loin de ma Livebox, il me lança d’un air solennel :
“Je sais pourquoi tu m’as invoqué ici, laisse-moi donc rédiger ton prochain article”.

Ce qu’il s’est réellement passé :
Très inspiré par #Twitchplayspokemon, j’ai laissé un pauvre document Word vierge sur Twitter et j’en ai confié l’édition à plein de monde (au moins 150 personnes, peut-être plus) en même temps pendant quelques heures.

Le résultat est effrayant. Je n’ai moi même pas eu le temps de tout lire.

Je vous présente la puissance d’INTERNET. (Clique, sal–)

Bonne lecture.

Les clients de supermarché ont été remplacés par des drones

Caisse [Bip]
Nom commun
“Quarante-neuvième cercle des Enfers.”


neuronevolJe vous écris du futur, d’une époque lointaine où les voitures volantes pourtant promises tous les ans continuent de rouler, où Leonardo DiCaprio n’a toujours pas obtenu d’Oscar et où personne n’a encore entendu la moindre piste de l’album Detox de Dr.Dre. D’une époque où, suite à un terrible cataclysme, les clients de supermarché ont été remplacés par des machines.

Analyse d’une espèce en voie de disparition.

2056, un météore géant entre en collision avec la terre et tue instantanément la quasi-totalité de la population des clients de supermarché. Les rares rescapés luttent quotidiennement pour survivre mais finissent inévitablement par suivre leurs aînés dans la tombe.
Remplacés par des drones, ils méritent de rester dans nos mémoires. Nous sommes en l’an 3450 et nous ne les avons toujours pas oubliés, les scientifiques et les chercheurs continuent de déterrer leurs fossiles, vestiges d’une triste époque que nous nous efforçons d’essayer de comprendre. Certains ont même accompli l’exploit d’établir une taxonomie de cette civilisation ancienne, découpée en trois grandes classes.

Cette classification, la voilà.

LES HERBIVORES

stegosaureIl s’agissait de la partie la moins dangereuse de la population, d’un âge souvent avancé et très lents, ceux-ci, décimés en grande partie par l’impact, eurent probablement plus de chance que leurs rares confrères survivants qui durent affronter la grande pénurie de packs d’eau Cristalline qui en découla et qui les plaça face à inévitable mort par déshydratation.
On pouvait notamment les reconnaître à leurs cabas à roulettes, ornés des couleurs de leurs clans respectifs, ceux-ci étaient la raison de nombreuses guerres froides entre grandes familles herbivores. Il y eut également des conflits plus violents, l’on retiendra notamment la grande bataille de la carte d’invalidité ou le légendaire affrontement déclenché par le désormais très connu “Je n’ai qu’une baguette alors je passe” prononcé il y a de cela plusieurs siècles.

Ce type de client avait la très mauvaise habitude de laisser ses fluides corporels sur ses moyens de paiement au moyen d’un efficace léché du doigt effectué avant de saisir la somme désirée. Billets, chèques, tickets restaurant, rien n’était épargné par ce que certains appellent encore la “Bave de vieux“.

Lorsqu’il était question de monnaie divisionnaire, c’était un tout autre souci. Les études portées par les scientifiques sur ces fossiles de clients tendent à démontrer une certaine difficulté pour cette communauté en ce qui concerne les bases du calcul mental.
Ainsi, l’herbivore moyen, quand il ne passait pas de longues minutes à fouiller son porte-monnaie à la recherche du saint-appoint, déposait astucieusement ses espèces dans le creux de sa main, invitant l’hôte de caisse à directement venir les picorer, au contact avec sa peau. Selon certains écrits, ces pièces étaient parfois anormalement chaudes et humides…

Il convient également de noter que la lenteur du client herbivore n’avait apparemment aucun lien avec son âge, qu’il soit avancé ou non.

De rares cas avaient aussi une étrange réaction face à la vitesse de l’hôte de caisse, ce dernier, payé pour passer les articles d’une manière rapide et efficace se faisait donc réprimander à plusieurs reprises au motif même qu’il irait beaucoup trop vite pour passer ses articles, une réaction allant parfois jusqu’à la crise de colère. De là à imaginer qu’il y avait une relation de cause à effet entre cette colère et le roulement du tapis de caisse, c’est une possibilité.

L’herbivore affectionnait particulièrement raconter sa vie privée à qui voulait l’entendre, c’est du moins ce qu’à permis l’analyse du peu qu’il restait du cerveau de certains spécimens. Il n’était alors pas rare de les entendre parler pendant de longues minutes de leurs prothèses ou de leur chien mort.

Dernier détail : Parfois, très vieux, il puait.

LES CARNIVORES

dinosaure-tyrannosaure-courantPlus aguerris et initiés à l’art des courses depuis leur plus tendre enfance, ils ont appris à vivre dans un environnement fait de têtes de gondoles et de cartes de fidélité tout en se jouant de l’hôte de caisse moyen en développant avec lui une forme de communication jamais vue jusque là.
Nombre d’entre eux avait survécu à l’impact mais ils finirent par tous s’entre-dévorer le jour de la crise dite de “l’erreur de prix” survenue en 2070. On peut trouver le dernier spécimen survivant dans le dernier zoo humain encore ouvert, quelque part, dans une sombre ville française.

Conséquence d’une summa divisio assez intéressante, on les reconnaissait principalement à l’absence de tout accessoire destiné à contenir leurs victuailles — alors réservé à la masse commune des herbivores —, probablement due au fait que contrairement à l’herbivore moyen, l’espèce carnivore n’a pas ressenti le besoin de s’organiser en clans.

De ce fait, le client carnivore se voyait dans l’obligation de demander un sac.
Mais il ne savait pas faire ça, il en était incapable et chacune de ses demandes se soldait par un terrible échec social.
Dans les archives de vidéo-surveillance, on trouve des descriptions exagérées : “Je pourrais avoir un sac vert à quatre centimes s’il vous plait ?” mais aussi des ordres comme “Et les sacs ?”. Les cas les plus inquiétants semblaient n’avoir été programmés que pour prononcer un seul et même mot de leur journée, et ce mot n’était pas “Bonjour”, ni “Au revoir”, non, “SAC”.

“Bonjour monsieur, vous avez la carte du magasin ?
— SAC
— D’accord mai-
— SAC
— Très bien monsieur au rev-
— SAC”.

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Si l’on devait reconnaître une qualité au client carnivore, ce ne serait pas son sens de l’humour. Malgré son refus tacite d’appartenir à quelque clan, celui-ci partageait — le plus souvent inconsciemment — avec les autres de son espèce tout un set de blagues qu’il n’hésitait pas à sortir à tout instant lors de son passage en caisse.
Son plus grand classique restera “Ah, ça ne passe pas, c’est gratuit ?” qui, assorti d’un grand sourire malicieux, donnait tout simplement envie de lui casser la gueule.
Mais ce n’est pas tout. Ainsi, le Code du Caissier Moyen de 2014 (Dalloz) indique très clairement qu’il est plus avisé de demander au client s’il possède sa “Carte du Magasin” plutôt que sa “Carte de Fidélité”, lui bloquant l’accès à toute tentative de blague ayant trait à l’adultère et au rire gras l’accompagnant.
D’anciennes écritures mentionnent également l’existence d’un terrifiant “Bon, vous me devez combien ?” placé juste avant la phase d’encaissement.
À notre époque, en 3450, où toute forme d’humour a été bannie, on se réjouit de leur disparition. Ce devait être effrayant.

C’est ce même sens de l’humour qui le forçait à décrire tout fruit ou légume passant sur le tapis de caisse. “Là ce sont des bananes, Monsieur/Madame”, “Et là des kiwis”, “Et là des citrons, je vous dis ça parce que vous n’avez pas su reconnaître mes mineolas de tout à l’heure.”

Et enfin, la dernière catégorie.

LES FILS DE PUTE

Dans cette catégorie entrent deux types de personnes :
— Les authentiques enfants biologiques issus de l’amour entre une prostituée et un inconnu.
— Les clients passés maîtres dans l’art du devoir d’emplettes, qui ont su briser toute barrière sociale et professionnelle à force d’irrespect.
Ce critère tient son origine dans l’abondante jurisprudence de la première chambre commerciale de la Cour de Cassation qui, à l’image du droit commun et de son Bon père de famille ou du droit de la Propriété Intellectuelle avec l’Homme du métier, décida de créer une fiction, celle du Bon fils de pute dont la description répondrait à la réunion de plusieurs critères, ou en d’autres termes au comportement d’un fils de pute commun, tout ce qu’il y a de plus classique.

Le fils de pute pouvait être herbivore ou carnivore, c’est donc la raison pour laquelle il disposait de leurs forces mais aussi de leurs faiblesses. Du coup, son comportement pouvait varier d’une extrême à l’autre : il pouvait très bien ne pas prononcer le moindre mot ou aller jusqu’à tutoyer la caissière, sans la moindre raison, d’une manière complètement aléatoire. Certains réussissaient même à traverser la barrière sociale du contact tactile.

Le fils de pute aimait se plaindre, pour un prix, pour un oui ou pour un non. Notamment parce que selon un vague principe commercial, il est supposé être roi. Louis XVI et Robb Stark aussi étaient rois, et chacun sait comment ils ont fini.

Pire que tout, le fils de pute payait APRÈS avoir rangé ses courses. APRÈS. Imaginez ça.

Bref, le fils de pute, c’était le pire client de supermarché possible.
Du coup, le météore c’était finalement une très bonne chose.

Le fils de pute, c’est peut-être toi.

Peut-on rouler sans se faire détester ?

Rouler [vroum]
Verbe
“Acte consistant à se déplacer à bord d’un véhicule équipé de roues, opposable aux tiers, provoquant instantanément chez eux un sentiment de haine.”


chamillionaire1Imaginez ma surprise lorsque ce matin, dans ma boîte aux lettres — Terre hostile où règnent sans pitié factures et publicités — je mets la main sur un courrier expédié par nulle autre personne que la Vie : “Monsieur, vos résultats sont catastrophiques, ci-joint votre sujet de rattrapages. Bonne chance”.
Agrafée à cette chaleureuse lettre, une feuille blanche. En son centre, en caractères minuscules et imprimés d’or, on y lit : “Vous traiterez le dossier de recherche suivant : Ils me voient rouler, ils détestent”.

“E pur si muove !” (Et pourtant elle tourne !), aurait murmuré l’italien Galilée en 1633, forcé devant l’Inquisition d’avouer que sa théorie selon laquelle la Terre tournerait autour du Soleil était en réalité un effroyable tissu de mensonges. Il s’agit ici du premier cas répertorié de haine générée par le mouvement circulaire d’un objet.

Bien plus tard, en 2006, le rappeur américain Chamillionaire s’en inspirera et déclarera au monde entier, défiant toute autorité : “They see me rolling, they hatin'”. Littéralement traduite “Ils me voient rouler, ils détestent”, cette célèbre maxime n’a cessé de faire l’objet de lourds débats, notamment auprès d’éminents docteurs en rap qui tendent à lui écarter son caractère sérieux, refusant de lui prêter toute crédibilité au motif que son auteur n’aurait qu’un talent limité et serait assez vite venu à disparaître.

Maintenant on va sauter les définitions parce que c’est lourd et on va directement passer à la problématique : Peut-on rouler sans se faire détester ?

À première vue, la réponse que chacun serait tenté de fournir est un non sec et péremptoire. Afin de confirmer cette première impression, sera abordée dans ce dossier l’analyse complète de la question.

Avant toute chose, il convient de délimiter le champ d’application de la citation du rappeur.

À quelles situations s’applique ce qu’on peut aujourd’hui appeler le “Principe de Chamillionnaire” ?

Sont ici concernées les personnes physiques embarquant à bord d’un bien meuble équipé ou non de roues, capable de se mouvoir en roulant. Entrent dans cette catégorie les véhicules terrestres à moteur, mais aussi les engins non motorisés ainsi que certaines formations naturelles. Rien d’autre. Tout le reste est exclus.

Attention toutefois, certains biens meubles et personnes physiques tendent à prêter confusion en adoptant une dénomination pouvant laisser croire qu’ils entrent dans ces catégories. Notamment le délicieux gâteau roulé et la romancière anglaise J.K. Rowling, ces deux exemples, bien qu’ils puissent évoquer par le jeu de l’homophonie une certaine rotation, ne génèrent pas de haine — en excluant le cas Marmiton, très particulier, parce que ce roulé est très bon mais je l’aurais sans doute préféré à la framboise, avec un peu moins de sucre et j’aurais plutôt eu tendance à le faire sous forme de tarte. 1/10.

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C’est là que s’opère la distinction, le principe faisant émerger deux critères avec lesquels il faut composer afin de déterminer ce qui entre ou non dans son champ d’application : Un bien roulant et de la haine.

Les délimitations posées, il convient désormais de s’interroger quant à leur articulation.

Existe t-il un lien de causalité unissant ces deux évènements ?

Depuis la nuit des temps, nombre d’objets roulants semble provoquer une certaine animosité chez la tierce personne : Galilée pense que la terre tourne, l’Inquisition le déteste, le docteur Indiana Jones est poursuivi par un énorme rocher qu’il n’apprécie guère et Vin Diesel est insupportable dans les films Fast and Furious.

Pourquoi ?

L’on pourrait imaginer qu’à une certaine époque, le fait de se mouvoir en roulant était signe de grande richesse extérieure, attisant de ce fait la jalousie des classes moyennes — leur haine. Ce phénomène serait ainsi remonté jusqu’à notre ère par le biais de la mémoire génétique (cette même mémoire génétique qui fait que les hommes de couleur ne savent pas nager ou celle qui décide que votre chat devient complètement stupide lorsqu’il est question de nourriture).  De ce fait, aujourd’hui encore, la simple vue d’une personne pilotant un objet capable de rouler suffit à créer la panique.

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L’exemple le plus évident se trouve dans la législation française, où la Loi Badinter du 5 juillet 1985 assortit notre code civil de dispositions désavantageant très clairement le conducteur automobile en termes de responsabilité, le privant de toute possibilité d’exonération du simple fait que son véhicule à moteur est impliqué dans un accident.
L’on tient là une fois de plus cette relation de cause à effet : Le législateur est plus dur avec le conducteur, il le déteste, parce qu’il roule.

Le lien de causalité est donc difficilement déterminable, mais il est bien existant.

Un autre fait intéressant se trouve dans la mise en oeuvre de cette causalité, il a de cette manière été plusieurs fois prouvé qu’il existait une certaine proportionnalité entre la vitesse de la rotation et la haine qui en découle. La meilleure application de ce principe se trouve dans l’invention même de la notion d’excès de vitesse.

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La haine produite étant parfois beaucoup trop lourde pour une personne, il existe des cas où celle-ci se retrouve partagée entre les différents tiers. (Voir mon prochain article sur la Manif pour tous)

Le rapport inverse est-il possible ? Peut-on générer un roulement avec de la haine ?

L’histoire semble le confirmer, oui.
Deux cas strictement précis. Le premier étant une exception puisqu’il n’implique aucun bien meuble, il s’agit du cas où les habitants d’un pays se soulèvent. S’il y a assez de haine, on peut par ce biais obtenir une révolution. Comme chacun le sait, une révolution, c’est ni plus ni moins une rotation, donc  une chose qui tourne — et qui sera par la suite profondément détestée.

Le deuxième cas, plus fréquent, a été découvert par des chercheurs californiens il y a de cela quelques années. Il s’agit d’une situation inverse au principe où l’ensemble de la haine emmagasinée se manifeste sur la route, au volant d’un véhicule : Lors de règlements de comptes, certains gangs rivaux pratiquent ainsi le Drive-by.

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Mode de résolution d’un différend ou phénomène roulant à l’origine de bien plus de haine ? Il s’agit là d’une autre question.

Peut-on maîtriser les arcanes de cette corrélation ?

Ayant observé de très près ce phénomène, la plupart des réalisateurs et designers contemporains décident d’instrumentaliser le procédé afin d’en tirer profit.
Ainsi, la société Nintendo décide dans le dernier opus de son jeu vidéo Mario de donner à Bowser — antagoniste principal du titre — une voiture afin de rendre celui-ci plus détestable.
George Lucas a su prendre ce principe a contrario et l’exploite habilement en réduisant considérablement le nombre d’objets roulants dans sa saga Star Wars dans le seul et unique but de donner plus de crédibilité à son univers : Moins de véhicules à roues, moins de haine, moins de souffrance, moins de monde du côté obscur. Logique.

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 S’arrêter de rouler, une solution ?

On ne s’attardera par sur des notions aussi simples que celles d’accélération ou d’inertie — tout simplement parce que je ne les maîtrise absolument pas — mais c’est à peu près comme ça que ça marche, oui.

Cependant, de récentes découvertes tendent à remettre cette théorie en question.
Le décès de l’acteur Paul Walker, à titre d’exemple, semble avoir mis fin à toute critique à son encontre. Aucune nécrologie négative, pas la moindre haine ressentie. Il n’y a pourtant eu aucune différence dans son comportement si ce n’est qu’il s’est subitement arrêté de rouler. Que peut-on en conclure ?

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D’un autre côté, nous avons l’exemple contraire, la SNCF.
En effet, lorsqu’elle s’arrête de rouler est immédiatement générée la plus violente des haines.

Arrêter le processus ne semble donc pas être le plus efficace des moyens.

Conclusion : On ne peut pas rouler sans se faire détester.

Mon voisin est-il un luchador ?

Luchador [lou-tcha-dor]
Nom masculin
“Lutteur mexicain chez qui il ne vaut mieux pas taper s’il fait un peu trop de bruit.”


Mon voisin ?

Voilà plus de deux ans que je vis avec un voisin fort particulier. En effet, il se trouve qu’est logé au dessus de mon appartement un authentique catcheur mexicain. C’est du moins ma déduction, fruit de difficiles mois d’enquête.

Tout commença un mardi de juillet, ou peut-être était-ce un jeudi, je ne sais plus.  Je rentrais en mon logis quand je ne puis m’empêcher de constater au beau milieu de la cage d’escalier l’emménagement de mon nouveau voisin. Celui-ci, assisté de sa famille, montait un vieux canapé d’une manière fortement désorganisée, bloquant tout trafic n’impliquant pas l’ascenseur — alors en panne à ce moment là.
Très embêté, je finis par leur proposer mon assistance qu’ils refusèrent d’une manière évasive et gênée.
Plusieurs longues minutes plus tard, je pus enfin jouir de l’accès à la porte de mon appartement en oubliant tout ce qui venait de se passer devant mes yeux.

Ce n’est que quelques mois plus tard, alors que je révisais mon droit administratif dans le salon, que les problèmes commencèrent.

Pendant des heures qui ont semblé durer deux éternités, mon voisin sans histoires situé en altitude semblait déplacer ses meubles. Ça n’aurait pas vraiment été un problème si celui-ci s’était contenté de refaire entièrement sa décoration en pleine journée et pendant une période limitée. Non, le bruit durait également toute la nuit et n’était pas seulement l’oeuvre d’une semaine puisque trois mois plus tard il persistait encore.

Après une période d’accalmie et désormais tous les jours/soirs, ces bruits de meubles glissés délicatement ont fini par donner place à des piétinements constants et à des cris, tout aussi gracieux.

Il n’y avait alors qu’une seule chose à en conclure : Mon voisin est un Luchador.

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Ça n’a pas été la première chose qui m’a traversée l’esprit. J’ai par exemple pu penser, au tout début — comme chacun aurait pu le faire — que cette nuisance sonore trouvait son origine dans un éventuel troupeau d’éléphants auquel mon voisin aurait décidé d’enseigner les claquettes.
Tout concordait : les pannes régulières de l’ascenseur, les cris du voisinage et les piétinements incessants. Je tenais enfin son secret, toutefois extrêmement déçu de ne jamais avoir reçu d’invitation de sa part afin d’assister à tel spectacle.
Après enquête, je finis par me rendre à l’évidence : l’ascenseur de mon immeuble était bien trop petit pour faire transiter un pachyderme, qu’il soit ou non en kit, entièrement démontable. La cage d’escalier pas assez solide et il ne fait aucun doute que mon plafond aurait déjà cédé depuis le temps si c’était réellement le cas.

Alors pourquoi un luchador ?

Parce qu’après des mois de recherches, j’ai finalement atteint ce point précis où je ne pouvais me résoudre à autre chose. Il me fallait identifier la source de cette nuisance sonore avant de venir m’en plaindre chez mon cher voisin, celle-ci répondait à trois critères cumulatifs.

Un piétinement fréquent
Nuit et jour, ne tenant pas compte de l’heure et encore moins des bonnes mœurs et de l’Ordre Public. Votre voisine qui passe ses journées en talons, à côté de ça ? Une souris.
Le sujet était donc amené à se déplacer rapidement et lourdement, voire à sauter, avec un équipement approprié.

Beaucoup de bruits
Parce qu’il ne fallait pas seulement tenir compte des piétinements. On pouvait également entendre des cris, des objets cassés et parfois même un roulement semblable à celui produit par une boule de bowling de taille 13.

Le facteur humain
C’était le critère le plus important à prendre en compte, excluant définitivement tout animal de mes théories. C’est un humain que j’avais croisé dans les escaliers, et tout humain qui se respecte ne laisserait pas un animal faire autant de bruit.

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Excluons alors les personnages fictifs (Sammy Davis Jr.), toute disproportionnalité à la nuisance (Stromae) et les lézards géants qui n’auraient pas attendu deux ans avant de venir m’éventrer. Par élimination, il ne nous reste plus que le luchador.

Les faits sont là, tentons désormais de les expliquer.

Avant tout, penchons nous sur le personnage même du luchador. Un luchador est un lutteur mexicain, il fait du catch — un peu comme les combattants de “UFC Que choisir ?” — sport de combat communément appelé Lucha Libre dans son pays d’origine.

La Lucha Libre est un style bien particulier, très aérien et qui donne dans le spectaculaire, il se pratique sur un ring et implique des combattants masqués.

Jusque là, tout colle parfaitement.

Je tiens toutefois à prévenir tout lecteur qu’il ne s’agit point d’une accusation raciste, mes voisins n’ayant rien de mexicain sinon les odeurs de plats épicés que l’on retrouve également au nord de l’Afrique, lieu d’origine de mes perturbateurs masqués.

Masqués, oui; vous apprendrez que le luchador, semblable aux Daft Punk, à Stanley Ipkiss et aux Hommen, tient particulièrement à garder son doux visage dissimulé des tiers. C’est même une question d’honneur pour lui, il y tient plus qu’à sa propre vie et si son anonymat venait à être levé, ce serait la méga honte pour lui. Imaginez seulement.

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je suis finalement très peu amené à le rencontrer, je ne le croise jamais dans les couloirs ou dans l’ascenseur. Il se cache.

C’est ainsi que j’imagine agencé son appartement : Devant la porte d’entrée, un RING DE CATCH, rien d’autre. Avec des projecteurs, de la musique bien forte et un public extrêmement bruyant compressé contre les murs. De l’entraînement chaque jour, de passionnants tournois de catch chaque nuit.

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Au moment où j’écris ces lignes a d’ailleurs probablement lieu l’un des combats les plus épiques de toute sa carrière

Besoin d’autres preuves ? Naturellement, non.

Pour ceux qui n’ont toujours pas compris, regardez ce délicieux .gif. Maintenant imaginez que ça se produit là, au dessus de vos têtes.

Maintenant, connaissant toute la vérité, existe-t-il une solution pour mettre fin à ces nuisances sonores ?

Je pourrais faire comme tout être humain normal, monter et frapper à sa porte, lui dire qu’il fait un peu trop de bruit. Ça pourrait marcher, oui.
Ou ça peut aussi très mal tourner. Rappelez-vous, j’ai vu le visage de cette personne, je sais ce qui se cache sous le masque et j’ai pu déterminer le moindre de ses secrets grâce à mes pouvoirs de sdéduction.
Ne pensez-vous pas qu’il pourrait saisir l’opportunité pour me faire taire et m’administrer le plus meurtrier des Headscissors Takedown avant de me finir avec un Suplex ? Me briser le dos d’un simple mouvement de cuisse ?

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Non, je vais plutôt le laisser combattre paisiblement, lucha-libre de faire ce qu’il veut.
Il n’y a pas de solution à ce problème.

Mon voisin est un luchador et je vis dans la peur.

TL;DR : Le type qui vit au dessus de chez moi se bat en slip dans son appartement, fait un boucan de tous les diables et je n’ose pas lui demander d’arrêter.

Cas pratique

Madame,
Il me semble tout à fait opportun de vous informer que votre père biologique s’est rendu coupable de la soustraction frauduleuse de corps célestes appartenant à autrui afin de vous les implanter en lieu et place des globes occulaires.
D’après l’article 311-3 du Code Pénal, le vol est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende.
Dans certains pays, les voleurs sont exécutés sommairement.
Cordialement.